Eau dessalée de Safi : ce que le nouveau corridor change pour Marrakech

Marrakech doit prochainement recevoir une partie de son eau potable depuis la station de dessalement de Safi. Long de plus de 185 kilomètres, le nouveau corridor hydraulique doit également renforcer l’alimentation de Tamansourt et de la vallée de l’Ourika. Son entrée en service avait été annoncée pour la fin juillet, mais son activation effective reste à confirmer.

De l’eau de mer prélevée sur la côte atlantique, dessalée à Safi puis transportée jusqu’à Marrakech : le nouveau corridor hydraulique doit modifier en profondeur l’approvisionnement en eau potable de la ville et de plusieurs secteurs voisins.

Le projet est présenté comme une réponse structurelle au stress hydrique qui touche la région depuis plusieurs années. Il doit compléter les ressources issues des barrages et des nappes souterraines par une source moins dépendante des précipitations.

Son entrée en service avait été annoncée pour la fin du mois de juillet 2026 par les responsables de la Société régionale multiservices Marrakech-Safi. Au moment de la publication de cet article, La Tribune de Marrakech n’avait identifié aucune communication publique plus récente confirmant que les premiers volumes avaient effectivement été injectés dans le réseau.

Une conduite de plus de 185 kilomètres depuis Safi

L’eau sera produite par la station de dessalement réalisée par le groupe OCP à Safi, puis acheminée vers le Grand Marrakech par un réseau de conduites en acier long de 185,3 kilomètres.

Trois stations de pompage doivent faire progresser l’eau jusqu’à un réservoir de régulation situé près du centre 44 Oulad Dlim, dans la préfecture de Marrakech. À partir de ce point, le transfert se poursuit par gravité jusqu’aux infrastructures de distribution, ce qui limite les besoins énergétiques liés à l’acheminement.

Le projet représente un investissement annoncé de 4,2 milliards de dirhams, financé par le budget général de l’État et le ministère de l’Intérieur. Sa capacité maximale doit atteindre 3,2 mètres cubes par seconde, soit près de 100 millions de mètres cubes d’eau dessalée par an.

Marrakech, Tamansourt et la vallée de l’Ourika concernées

Le dispositif ne doit pas alimenter uniquement le centre de Marrakech. Les informations techniques communiquées autour du projet citent également Tamansourt et la vallée de l’Ourika parmi les territoires devant bénéficier de cette nouvelle ressource.

À Marrakech, deux conduites en acier partent de la chambre de répartition. La première alimente le réservoir de RamRam. La seconde, longue d’environ 35 kilomètres, rejoint les réservoirs de la route de l’Ourika. L’eau est ensuite distribuée par la Société régionale multiservices Marrakech-Safi à travers les réseaux existants.

Pour les habitants, le changement de provenance sera invisible : aucune démarche ni modification des installations domestiques ne sera nécessaire.

Est-ce que la facture d’eau va augmenter ?

C’est la question que se posent la plupart des foyers marrakchis, et c’est aussi celle sur laquelle aucune information n’a été communiquée à ce jour.

Le dessalement reste un mode de production plus coûteux que le captage en barrage ou en nappe, car il demande des installations lourdes et une consommation d’énergie continue. Les communications officielles autour du corridor Safi-Marrakech portent jusqu’à présent sur l’investissement, la capacité et le calendrier, sans aborder l’impact éventuel sur le prix payé par l’usager.

Aucune évolution tarifaire n’a donc été annoncée à ce stade. La Tribune de Marrakech reviendra sur ce point dès que la Société régionale multiservices Marrakech-Safi se sera exprimée.

Est-ce de l’eau de mer dans les robinets ?

Non. L’eau de mer subit plusieurs étapes de traitement avant d’être intégrée au réseau d’eau potable. Le dessalement retire le sel et une grande partie des substances présentes dans l’eau de mer. L’eau obtenue est ensuite traitée et contrôlée avant sa distribution, comme les autres ressources destinées à la consommation humaine.

Une fois injectée dans le réseau, elle sera mélangée aux eaux provenant des barrages, des nappes souterraines et des autres infrastructures hydrauliques qui alimentent la ville.

Pourquoi ce projet est important pour Marrakech

Marrakech connaît une croissance démographique et urbaine importante, à laquelle s’ajoutent les besoins liés au tourisme, aux activités économiques et au développement de sa périphérie.

Dans le même temps, la succession des années de sécheresse a réduit la disponibilité des ressources conventionnelles. Les nappes souterraines et les barrages restent soumis aux variations des précipitations et à une demande croissante. Les épisodes de forte chaleur, comme la vague qui a porté le thermomètre jusqu’à 44 °C fin juillet, accentuent encore la pression sur le réseau.

L’eau dessalée doit permettre de diversifier l’approvisionnement et de limiter la dépendance de la ville à une seule catégorie de ressources. Elle constitue une réserve plus prévisible en période de sécheresse.

La fin du stress hydrique à Marrakech ?

L’arrivée de l’eau dessalée constituera un renfort majeur, mais elle ne signifie pas la fin des difficultés liées à l’eau.

Le dessalement nécessite des infrastructures coûteuses, de l’énergie et une exploitation continue. Le nouveau corridor ne remplace ni les barrages, ni les nappes souterraines, ni les politiques d’économie et de réutilisation de l’eau.

Les campagnes de sensibilisation et les efforts destinés à réduire les pertes sur le réseau resteront nécessaires. La nouvelle infrastructure vise avant tout à rendre l’alimentation de Marrakech plus résistante face aux périodes de sécheresse. En attendant, nos idées pour profiter de la ville quand il fait chaud rappellent aussi les bons réflexes d’hydratation en été.

Une mise en service encore à confirmer

En juin, les responsables du projet annonçaient le lancement imminent des essais techniques et une arrivée de l’eau à Marrakech avant la fin juillet.

À deux jours de cette échéance, la date exacte de l’injection des premiers volumes n’a pas encore été communiquée publiquement. La prochaine information importante ne sera donc plus l’annonce du projet, mais la confirmation de son entrée en service effective.

À retenir

  • L’eau dessalée sera produite à Safi puis transportée jusqu’au Grand Marrakech.
  • Le corridor comprend 185,3 kilomètres de conduites et trois stations de pompage.
  • Sa capacité maximale annoncée approche 100 millions de mètres cubes par an.
  • Marrakech, Tamansourt et la vallée de l’Ourika doivent bénéficier du projet.
  • L’eau dessalée complétera les barrages et les nappes souterraines.
  • Aucune évolution du tarif de l’eau n’a été annoncée à ce jour.
  • La date de mise en service effective reste à confirmer par la SRM Marrakech-Safi.