Au petit matin, avant que la chaleur ne s’installe.

Courir à Marrakech l’été : où et quand enfiler ses baskets sans finir en tajine vapeur ?

À Marrakech, courir en été relève presque de la stratégie militaire. Entre le soleil qui tape fort, l’asphalte brûlant et des journées qui frôlent les 40 degrés, mieux vaut choisir son heure, son spot et son niveau d’ambition. Bonne nouvelle : avec un peu de bon sens, la ville ocre garde quelques terrains de jeu pour tenir le rythme jusqu’en septembre.

Courir à Marrakech en plein été ? Dit comme ça, l’idée peut sembler discutable. Et pourtant, chaque matin, avant que la ville ne se réveille vraiment, on croise déjà les habitués : écouteurs dans les oreilles, bouteille à la main, foulée tranquille et regard fixé sur l’ombre suivante.

Ici, la règle est simple : on ne court pas contre la chaleur, on compose avec elle. Juillet et août sont les mois les plus exigeants, secs et ensoleillés. En journée, le thermomètre tourne autour de 37 °C, dépasse souvent les 40 °C, et peut grimper jusqu’à 45 voire 47 °C lors des vagues de chaleur. Autant dire que les sorties de plein après-midi sont à oublier.

Le meilleur horaire : tôt, très tôt

Le créneau roi reste le matin. En juillet, le soleil se lève vers 6h30 à Marrakech, la ville restant à l’heure GMT+1 jusqu’au 20 septembre. Cela ouvre une vraie fenêtre avant l’installation de la chaleur, idéalement entre 6h30 et 8h, quand l’air est encore respirable et les rues plus calmes.

Le soir peut aussi fonctionner, avec prudence. Après 20h30, la lumière baisse et l’ambiance devient plus douce, mais le bitume garde la chaleur emmagasinée toute la journée. On privilégie alors les sorties courtes, les allures tranquilles et les zones bien éclairées.

À éviter absolument : le fameux « petit footing » de 11h parce qu’on a raté le réveil. En été à Marrakech, c’est non.

La Ménara, le grand classique

Le pavillon et le bassin des Jardins de la Ménara à Marrakech
Les Jardins de la Ménara, entre bassin et Atlas.

C’est sans doute le spot le plus évident pour courir à Marrakech. Les Jardins de la Ménara offrent de l’espace, des allées, des chemins de terre et ce décor unique entre oliviers, bassin et Atlas en toile de fond.

Un détail à connaître : le parc clôturé n’ouvre ses portes que vers 8h. Avant cette heure, on court plutôt sur les allées et l’avenue qui bordent le site, puis on enchaîne à l’intérieur dès l’ouverture, avant l’arrivée des promeneurs. Le bon format : footing tranquille, fractionné léger, reprise en douceur. Le petit plus : la sensation de sortir de la ville sans vraiment la quitter.

Hivernage et avenue Mohammed VI, pour courir sans s’éloigner

Avenue arborée dans le centre de Marrakech
Les avenues du centre, autour de Guéliz et de l’Hivernage. Photo : mwanasimba / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0).

Pour rester en ville, le secteur Hivernage / avenue Mohammed VI reste pratique. Les trottoirs sont plus larges qu’ailleurs, les avenues plus lisibles, et le quartier se prête bien aux sorties régulières.

Le décor est urbain, mais l’endroit est efficace, surtout pour les habitants de Guéliz, de l’Hivernage ou du centre-ville qui veulent courir 30 à 45 minutes sans prendre la voiture. On reste attentif aux intersections, aux scooters et aux changements de trottoir. Et pour la motivation, rien n’empêche de finir sur un jus frais ou un petit-déjeuner dans le quartier.

Cyber Parc, les petites foulées à l’ombre

Allées ombragées du Cyber Parc Arsat Moulay Abdeslam à Marrakech
Le Cyber Parc Arsat Moulay Abdeslam, de l’ombre en plein centre. Photo : rosier / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0).

Pour une sortie courte et douce, le Cyber Parc Arsat Moulay Abdeslam est une bonne option. C’est l’un des rares espaces verts du centre ouverts tôt, dès 7h du matin. On n’y prépare pas un semi-marathon, mais on y trottine à l’ombre, on marche vite, on reprend après une pause.

Le bon format : 20 à 30 minutes, footing lent ou marche active. Le petit plus : les arbres, précieux quand Marrakech monte en température.

La Palmeraie, belle mais à choisir avec prudence

Palmiers de la Palmeraie de Marrakech
La Palmeraie, magnifique mais à parcourir avec prudence. Photo : Viault / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0).

Sur le papier, la Palmeraie a tout du décor parfait : longues routes, palmiers, lumière dorée, impression d’espace. Dans la réalité, mieux vaut bien choisir son itinéraire. Certaines zones sont isolées, peu ombragées et pas toujours adaptées aux piétons.

C’est là que les clubs prennent tout leur sens. Marrakech compte plusieurs collectifs de coureurs actifs : les Red City Runners, qui se retrouvent le dimanche matin dans la Palmeraie pour des boucles de 5 à 12 km, mais aussi le Marrakech Run Club et les Marrakech Runners Club, qui organisent des sorties de groupe dans la ville et ses environs. D’autres groupes sont pensés spécifiquement pour que les femmes se sentent en sécurité en courant tôt le matin. Pour la Palmeraie, courir à plusieurs reste l’option la plus sûre. La ville en a d’ailleurs fait un terrain de sport à part entière avec son Trail Palmeraie.

Le bon moment : très tôt. Le bon format : sortie longue et douce, à condition d’être bien accompagné.

Et la médina ?

Ruelle animée de la médina de Marrakech
Dans la médina, mieux vaut marcher que courir. Photo : Pierre André Leclercq / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).

Pour courir, ce n’est pas l’idéal. Trop de monde, trop d’obstacles, trop de motos, trop de virages, trop de chats, trop de tout. La médina se marche, se traverse, se découvre. La courir, c’est transformer son footing en slalom géant.

Les règles d’or pour ne pas se griller

À Marrakech l’été, le bon run est souvent le run modeste. On ralentit l’allure, on réduit la distance, on part avec de l’eau, on porte une casquette, on évite le noir, on écoute son corps. Au moindre vertige, frisson, mal de tête ou coup de chaud, on s’arrête.

L’hydratation n’est pas un détail : c’est la première règle quand le mercure s’emballe, un réflexe que la ville met d’ailleurs à l’honneur lors de sa journée du bien-être. L’objectif n’est pas de battre son record, mais de continuer à courir tout l’été sans finir KO à 9h du matin.

Et si vous visiez une course ?

Courir l’été, c’est aussi préparer la rentrée sportive. Plusieurs rendez-vous attendent les coureurs de Marrakech dans les mois qui viennent.

La Kéchoise, course 100 % féminine, revient le dimanche 4 octobre 2026 pour sa 6e édition : 7 kilomètres entre la Koutoubia et la place des Ferblantiers, à travers la médina.

Les amateurs de nature peuvent viser le Trail Marrakech Agafay, les 21 et 22 novembre 2026, à une heure de la ville dans le désert d’Agafay, avec des formats allant de la marche aux longues distances.

Et le grand rendez-vous reste le Marathon International de Marrakech, dont la 37e édition se courra le dimanche 31 janvier 2027, marathon et semi-marathon au départ de la Koutoubia. De quoi transformer les footings de l’aube en véritable objectif.

Le verdict

Courir à Marrakech l’été, oui. Mais pas n’importe où, pas n’importe quand, et surtout pas pour « se challenger » sous 40 degrés. Le vrai luxe, ici, c’est une sortie à l’aube, des rues encore calmes, quelques mètres d’ombre et cette lumière rose qui rend les réveils difficiles un peu plus acceptables.

Le meilleur plan ? La Ménara au lever du jour, l’Hivernage pour les sorties faciles, le Cyber Parc pour reprendre en douceur, la Palmeraie avec prudence et en groupe. Et pour le reste : hydratation, bon sens, et réveil programmé avant tout le monde.