Time Out a dévoilé son classement 2026 des meilleures villes au monde pour l’art et la culture. Marrakech y occupe la 12e place, dans un top 20 emmené par Londres, Paris et New York. Une reconnaissance internationale qui met aussi en lumière un paradoxe local : les événements se multiplient, mais l’information circule encore trop mal.
Marrakech s’installe dans le cercle des villes culturelles qui comptent. Dans sa sélection 2026, établie à partir des réponses de plus de 24 000 habitants dans plus de 150 villes, croisées avec l’avis d’experts culturels, Time Out place la cité ocre au 12e rang mondial pour l’art et la culture.
Un top 20 où Marrakech côtoie les plus grandes capitales culturelles
Le podium donne la mesure du classement : Londres, Paris, New York. Suivent Berlin, Le Cap, Melbourne, São Paulo, Madrid, Florence, Cracovie et Taipei. Marrakech arrive juste derrière, à la 12e place, devant Copenhague, Athènes, Le Caire, Pékin, Jaipur ou encore Lisbonne.
Sur le continent africain, seules trois villes figurent dans ce top 20 : Le Cap (5e), Marrakech (12e) et Le Caire (16e). La cité ocre se classe ainsi deuxième ville culturelle d’Afrique, devant des destinations dotées de musées parmi les plus visités du monde.
Le média britannique salue une ville devenue « aimant » pour les créatifs marocains et internationaux, capable d’absorber, de mélanger et de transformer les influences. Selon Time Out, c’est d’ailleurs du côté des musées que Marrakech excelle le plus, tandis que les concerts y restent parmi les plus abordables du panel. 1-54, Le MAP, Comptoir des Mines, Loft Art Gallery, Montresso, le MACAAL, les riads culturels comme IZZA, El Fenn, Dar al Dall ou Dar des Arts, mais aussi le Musée Yves Saint Laurent, Meydene, le Musée de la Musique ou encore le Festival International du Film : la scène marrakchie ne manque ni de lieux, ni de rendez-vous.
Les habitants confirment. Selon Time Out, 63 % des Marrakchis interrogés jugent la scène artistique et culturelle de leur ville « bonne » ou « excellente », et 64 % estiment qu’elle reste accessible côté prix.
Une ville qui bouge, une information qui ne suit pas
Car c’est bien là que se joue le prochain défi. Expositions, concerts, projections, conférences, performances, vernissages, festivals : beaucoup d’événements passent encore sous les radars, annoncés tardivement, dispersés sur Instagram ou relayés dans des cercles restreints. Une exposition découverte la semaine de son décrochage, un concert repéré le lendemain, un festival dont on apprend l’existence par une story : l’expérience est familière à beaucoup d’habitants.
Résultat : une partie du public local a parfois l’impression qu’il ne se passe rien, alors que la ville bouge. Des salles restent à moitié pleines faute d’avoir été annoncées à temps, des artistes jouent devant un public venu d’ailleurs, et des rendez-vous gratuits se tiennent sans que leurs premiers concernés en aient entendu parler. Le vrai chantier se situe donc moins dans l’offre que dans l’accès à l’information.
Ce classement vient rappeler une évidence : la scène marrakchie est vivante, dense, en plein renouvellement. Reste à la rendre visible, lisible et accessible aux Marrakchis eux-mêmes. C’est ce constat qui a conduit La Tribune de Marrakech à créer un agenda culturel centralisé, où expositions, concerts, festivals et sorties gratuites de la ville sont recensés et mis à jour en continu.
À Marrakech, la culture ne manque pas. Ce qui manque encore, trop souvent, c’est l’agenda.
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