Réuni le 25 mai dernier, le conseil d’administration de l’Office national des aéroports a validé son plan d’action 2026-2028. À Marrakech, il acte l’extension de l’aéroport Ménara, dont la capacité doit plus que doubler à l’horizon de la Coupe du monde 2030.
Le chantier a été confié au groupe Jet Contractors pour près de 1,8 milliard de dirhams hors taxes. Il prévoit le réaménagement et l’extension des terminaux 1 et 2, dont la surface sera portée à environ 142 000 m². À terme, et selon l’ONDA, la capacité de l’aéroport passera de 7,4 à 16 millions de passagers par an.
Au-delà des modules d’accueil, les travaux comprennent le doublement des voies menant à la piste, pour fluidifier l’embarquement, ainsi que l’extension des aires de stationnement des avions et du parking côté ville. L’Office écarte définitivement l’hypothèse d’un nouvel aéroport à Sidi Zouine, jugé trop éloigné de la ville, au profit de la montée en puissance du site actuel.
L’extension de Ménara n’est pas un chantier isolé. Elle fait partie de la stratégie « Aéroports 2030 », dont le volet 2026-2028 mobilise près de 22 milliards de dirhams. Ce programme finance aussi de nouveaux terminaux à Casablanca Mohammed V et à Tanger Ibn Battouta, ainsi que le réaménagement des aéroports d’Agadir Al Massira et de Fès-Saïss. L’objectif affiché par l’Office est de doubler la capacité des principales plateformes du Royaume avant les grands rendez-vous internationaux.
L’annonce intervient sur fond de résultats record. Selon l’ONDA, 36,3 millions de passagers ont été accueillis dans les aéroports du Royaume en 2025, en hausse de 11 %, portés notamment par la Coupe d’Afrique des nations. À Marrakech, la barre du million de passagers a été franchie dès la fin avril, confirmant une pression continue sur des infrastructures déjà saturées lors des pics saisonniers, des vacances scolaires aux longs week-ends de fêtes.
Pour la ville, l’enjeu dépasse la seule logistique aéroportuaire. L’agrandissement de Ménara accompagne le rayonnement international de Marrakech, première destination touristique du pays, et conditionne sa capacité à absorber les flux attendus pour la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
